Dites-moi, vous, qu'est ce qui nous pousse à y croire ?
Oui, vous, monsieur, le grand maigre à l'air patibulaire.
Qu'est-ce qui nous pousse à croire en nos rêves ... à la vie ?
C'est peut être ce doux malaise que l'on se transmet, foutus chromosomes.
Problème intergénérationnel.
C'est peut être cette mécanique implacable qui rythme le flux dans nos veines.
C'est peut être cette âpreté dans la bouche quand nos espoirs s'essoufflent.
C'est peut être cette lâcheté humaine qui guide nos pas vers ceux d'un autre.
Je ne sais pas.
Je ne détiens pas la clef qui ouvrira la masure de toutes les interrogations.
Mais je possède en moi le vandalisme.
Un marteau, un sac, des gants et l'agilité.
Je romps le pacte sacré. Casse une vitre. La masure ne se débat pas. Elle chavire sous mes coups.
Je pénètre. Tout est sombre, je n'y vois rien.
"Elle m'a bien eue cette vilaine."
Je m'en fiche, je suis l'usurpatrice.
Des draps blancs, ou peut être verdâtres, que sais-je, il fait nuit. Je les soulève, détache cette lourde agonie du temps à ses racines.
Quel éblouissement !
Je ne saurais vous dire ce que j'y ai vu cette nuit-là. Mais c'était beau.
La masure m'a trompé, mais c'était bon.
Je ne crains plus rien désormais. J'ai tout vu.
Croyez-moi. Ce n'est pas l'Evangile du malhonnête. C'est la folie du destin.
Croyance. Croyante. Naïve, soumise, craintive ou confiante ?
Croyante et Confiante ?
Rareté.
Mais mes ailes ... l'érosion ... l'air ici est visqueux, il m'empoisonne.
Je tombe, confiante et croyante.
Concrètement, ce n'est pas difficile de croire en la vie, si l'on croit en soi.
Je veux croire en moi pour ne pas mourir avant d'avoir vécue.
Je veux croire parce que cette force m'aide.
Voyez-vous cette main au-dessus de votre tête ?
C'est elle votre volonté.